Rue Lelièvre, 1 B-5000 Namur | Tél. : +32 (0)81 22 79 37 | info@librairiepointvirgule.be | Du lundi au samedi de 9h30 à 18h30
Ce roman audacieux et singulier déploie un style subtil, au service d’un propos érudit qu’il rend accessible.
La philologue espagnole Irene Vallejo relatait merveilleusement l’histoire du livre et de la lecture dans l’Antiquité dans son essai L’Infini dans un roseau. Dans son roman Carthage, elle s’essaye à une réécriture d’un mythe fondateur - et non des moindre : celui d’Énée, figure légendaire à l’origine des fondations de Rome.
Selon la légende, après avoir fui la destruction de Troie avec son fils et quelques compagnons, Énée fait naufrage sur les côtes de Carthage. C’est là que débute le récit, alors que le destin du héros s’entrelace avec celui de la reine Elissa – plus connue sous le nom de Didon – et celui du dieu Éros, espiègle archer bien décidé à faire naître l’amour entre ces deux êtres marqués par l’exil.
Des siècles plus tard, Auguste, premier empereur de Rome, commande au poète Virgile l’écriture de l’Énéide, grand poème épique chargé d’exalter les origines de la civilisation romaine. Une œuvre éminemment politique, donc, pour servir les ambitions de propagande du régime en construction. Mais face à l’attente impériale, Virgile hésite. Ce qu’il veut écrire, ce n’est pas l’héroïsme triomphant ni la gloire d’un empire naissant, mais la douleur des survivants, l’incertitude des vaincus, la peur des exilés. Car, dit-il, « la défaite est toujours le point de départ d’une grande histoire ». Son texte traversera les siècles.
Dans ce roman d’aventure, Irene Vallejo donne voix aux protagonistes du mythe – y compris au dieu Éros –, en leur prêtant les mots et les émotions de notre époque. Tous sont habités par le doute, la peur, les élans du cœur. L’autrice revisite ainsi la grande épopée antique pour y tisser une réflexion contemporaine sur le pouvoir, la guerre, l’exil, l’amour, la condition des femmes… et sur la manière dont s’écrit l’Histoire.
Traduit de l'espagnol (castillan) par Bernadette Engel-Roux, Albin Michel, 21,90 euros.
Disponible en format numérique ici.
Marie Richeux est une glaneuse. Elle sait comme personne faire advenir les mots justes et les vérités cachées. Sur les bords de chemin toujours elle trouve la beauté.
Que ce soit dans les entretiens généreux qu'elle mène chaque jour dans le Book Club de France Culture ou dans les livres qu'elle publie chez Sabine Wespieser, Marie Richeux n'a pas son pareil pour faire parler les femmes et les hommes d'hier et d'aujourd'hui. Et elle y réussit si bien parce qu'elle est là tout entière, face à une archive comme face à un·e écrivain·e: l'esprit affuté, l'émotion à fleur de voix, l'oeil rieur et l'imagination comme un étendard, un outil de transformation du monde.
Avec Officier radio, Marie Richeux s'aventure sur les chemins tortueux de la mémoire. En 1979, son oncle Charles est marin sur l'Emmanuel Delmas. Dans les eaux italiennes, un pétrolier percute le navire. Charles n'a pas trente ans. Il est officier radio, en charge de lancer les SOS. Comme plusieurs membres de l'équipage, il meurt dans l'incendie qui suit la collision. De ce drame survenu avant sa naissance, Marie Richeux connaît ce que la douleur des siens et les aléas du souvenir ont laissé filtrer jusqu'à elle. Et puis un jour s'impose le besoin d'en savoir plus et de chercher, peut-être pas la vérité, mais du moins des traces de cet oncle disparu.
Commence alors une enquête qui va la mener à questionner la mémoire familiale vacillante autant que le sérieux des archives. C'est le récit de cette quête que nous donne à lire Officier radio – un récit buissonnier qui ne vise pas à combler les mystères et l’absence mais plutôt à partager des questions, des moments de vie, des voix aux grains singuliers."Comment ne pas oublier" répète le père de Marie Richeux en parlant de la mort de son frère et de ses répercussions dans la vie familiale. "Et moi j'entends: Comment faire autrement qu'oublier un peu? Mais j'entends aussi: Comment faire pour ne pas oublier? Quoi faire pour ne pas oublier? Comment. Ne pas. Oublier".
Au passage, le livre s'offre "des nœuds et des détours" qui le rendent tellement précieux. C'est un livre sur lles ressources de la parole et sur l'importance, quand elle advient, de trouver une écoute. C'est une fresque sociale sur la Bretagne et ses enfants, les hommes pris par la mer et les femmes restées à terre avec vaillance. C'est bien sûr un livre sur la radio, ce lien entre l'oncle perdu et sa nièce obsédée d'enregistrements. Ou encore une réflexion passionnante sur les pouvoirs de la littérature, convoquant Clarisse Lispector et Daniel Mendelsohn dans des pages lumineuses. Tout cela tient en équilibre parfait dans ce livre doux, pudique et subtil.
Sabine Wespieser Éditeur, 21 euros
Quel enfant n'a jamais rêvé de grandir au milieu de l'Arche de Noé? De faire la course avec les félins, de parler aux éléphants, de rêver parmi les ours? Lou Mouchette a cette chance. Sa maman tient le célèbre Refuge Mouchette, et la maison familiale accueille une incroyable ménagerie. Raton-laveur, girafe, tigre, autruche et crocodile, à deux pattes ou quatre pattes, à poils ou à plumes: ils sont tous là!
Le rêve pour Lou? Pas exactement. C'est que le rêve de Lou, ce serait plutôt d'avoir à la maison... un chat. Un chat en peluche.
C'est sûr: avec un chat en peluche, Lou aurait une vie bien plus calme. Il ne se sentirait pas à l'étroit chez lui. Il n'arriverait pas en retard à l'école parce que sa mère doit d'abord déposer les cygnes au parc. Et le bain de l'éléphant n'aurait pas dilapidé toute l'eau chaude de la maisonnée.
Avec un chat en peluche, surtout, Lou aurait un ami, un confident, quelqu'un avec qui partager son désir de solitude et de normalité.
Les délicieuses images d'Inbar Heller Algazi accompagnent les émotions du petit Lou comme les facéties de la joyeuse bande d'animaux qui vit sous son toit. La douceur de l'aquarelle empreint tout le livre, jusqu'à la surprise concoctée par des animaux finalement pas si sauvages.
Refuge Mouchette est un album pour rire et réfléchir. On y apprend à prendre soin des autres tout en s'écoutant soi-même, à moins que ce ne soit l'inverse.


Comme les années précédentes, nous invitons les classes des écoles namuroises à participer au concours de l'École des Loisirs. Cette année, le concours a pour parrain le génial ADRIEN ALBERT et son univers endiablé.
Dans les albums d'Adrien Albert, les couleurs claquent, les rebondissements s’enchaînent et les héros partent à l’aventure avec énergie, détermination et curiosité. En train, en fusée, en scooter ou même en parapente, tous les moyens de transport sont bons pour atteindre un but précis, qu’il s’agisse de retrouver un être aimé ou d’arriver à l’heure à l’école. Chacune de ses histoires est un film à grand spectacle, une superproduction qu’on tient entre ses mains et qu’on peut se
Lire la suite : QUELLE AVENTURE! Un concours pour les classes autour de l'univers d'Adrien Albert
Une exquise parution dans le rayon jeunesse !
Après Petit bonheur et Trois petits dragons, l’illustrateur chinois Yue Zhang, qui, comme moi, doit certainement aimer les bonnes choses, met à nouveau la gourmandise à l’honneur avec La meilleure boulangerie du monde.
Blanche, une petite lapine très gourmande et toujours à la recherche de mets savoureux, découvre avec joie une nouvelle boulangerie dans son quartier. Mmmmh, la boutique exhale un fumet qui lui met l’eau à la bouche ! Il lui tarde de croquer dans les bonnes miches, mais à peine a-t-elle pénétré dans la boutique qu’elle se retrouve nez à nez avec… un gigantesque loup noir aux dents acérées ! Effroyable, et pourtant, il est sans conteste celui qui confectionne le meilleur pain du monde. Que va faire Blanche ?
Un album croustillant, coloré et vibrant qui rappelle à tous les lecteurs, petits et grands, à quel point la gastronomie, qu’elle soit sophistiquée ou en toute simplicité, est rassembleuse et a le pouvoir de détruire les barrières.
À taaaable !
Kaléidoscope, 15€, traduit du chinois par Pan Hongye et Florence Seyvos.