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Le mardi 10 février à 19 heures, les Grandes Conférences Namuroises vous invitent à rencontrer le biologiste Olivier Hamant, dont les recherches prônent un modèle socio-économique basé sur la robustesse plutôt que sur la performance.
Olivier Hamant définit la performance comme la somme de l’efficacité et de l’efficience. Un modèle qui pousse à aller vite avec peu de moyens, quitte à foncer droit dans le mur. Comme sortie de secours, l'auteur préconise la robustesse, c’est-à-dire maintenir la stabilité
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Suite au succès remporté par la première édition, les librairies indépendantes de Wallonie-Bruxelles vous invitent cette année encore à participer au Prix des Librairies Indépendantes.
Initié par le Syndicat des Libraires francophones de Belgique (SLFB) ce prix, nouveau venu dans le paysage littéraire, a pour vocation de récompenser un ouvrage de littérature adulte paru dans le courant de l’année qui précède. Ainsi, cette seconde édition mettra à l’honneur un ouvrage édité entre le 1er janvier et le 1er décembre 2025. La grande particularité du prix réside dans le fait que, après une première sélection réalisée par un comité composé d’une dizaine de libraires, le vote final revient au public fréquentant la cinquantaine de librairies indépendantes participantes.
C'est donc à VOUS qu'il revient de départager les cinq livres choisis:
Lire la suite : Le Prix des Librairies Indépendantes, saison 2: c'est parti!
Roya a fui l'Afghanistan avec sa famille quand elle était toute petite. À 9 ans, elle vit désormais aux Pays-Bas où chacun des siens doit se réinventer.
Nouvelle école, nouvelle maison, nouveaux repères.
Pour Roya, tout cela n'a de sens que si ses parents acceptent d'accueillir un animal domestique. C'est ainsi que débarque Mischka, adorable petit lapin. Sa douce présence sera comme un révélateur: c'est grâce aux histoires qu'elle lui raconte que Roya pourra se souvenir de la longue route parcourue et remettre ensemble les pièces du puzzle familial.
Un inoubliable roman sur l'exil, les liens familiaux et les nouvelles chances qu'offre la vie. Tous les personnages (parents, grands frères, institutrice...) s'offrent à nous avec une grande justesse. C'est émouvant, tendre et absolument incontournable.
Illustré par Annet Schaap
L'École des loisirs, traduit du néerlandais par Maurice Lomré, collection Neuf, 8 €
Le nouvel opus de Delphine de Vigan – un très bon cru – narre l’histoire de Thomas, un quinquagénaire qui se retrouve par erreur en possession du téléphone portable d’une femme disparue. Fasciné, presque happé, il devient peu à peu dépendant de l’intimité profonde de cette inconnue conservée dans l’appareil. La jeune femme s’appelle Romane Monnier et toute son existence semble contenue dans son téléphone : son âge, les photos de son quotidien, de sa famille, de ses amis, des recettes de cuisine épinglées aux achats sur Vinted, de la playlist Spotify au profil Insta, du compteur de pas aux prises de notes personnelles – un véritable roman qui se déploie sous le regard avide et intrigué de Thomas.
Bien qu’il n’ait jamais rencontré physiquement la jeune femme, la proximité frénétique qu’il entretient avec sa présence numérique agit comme un véritable miroir, révélant les failles et les absences de sa propre vie.
Forte de ce sens aigu de l’intrigue qu’on lui connaît, Delphine de Vigan poursuit une exploration subtile des traces laissées — désormais innombrables à l’ère du numérique —, de l’absence et de la disparition. Mais le roman va plus loin encore : il interroge la frontière désormais poreuse entre vérité et fantasme, et questionne la possibilité même d’un réel partagé. Une expérience collective du monde est-elle possible ou sommes-nous voués à n’évoluer que dans des réalités individuelles, façonnées par les algorithmes ? La question reste grande ouverte.
Toujours est-il que ce qui est réel, pour moi — et peut-être en ira-t-il de même pour vous —, c’est que la lecture d’un roman de Delphine de Vigan dont celui-ci ne fait pas exception, laisse toujours des traces et contribue à éclairer, ne serait-ce qu’un peu, le chemin de plus en plus tumultueux auquel notre époque nous voue.
Bonne lecture !
Gallimard, 22 euros. Existe en format numérique ici.
Avec Hors champ, Marie-Hélène Lafon creuse une histoire qui irradiait déjà Les sources – la sienne. Une histoire douloureuse, marquée de silences et d'effroi, de haines tellement à vif que le temps n'arrive pas à les émousser.
À travers cette histoire, ce sont cinquante années de la vie du monde rural qui défilent. Au cœur du Cantal, dans une ferme solitaire, Claire et Gilles grandissent unis. Un an à peine sépare le frère et la sœur. Claire est l'aînée. Elle protège son cadet, sait inventer pour lui les histoires qui l'apaisent, joue à la maîtresse pour l'aider dans son travail scolaire. Dès son plus jeune âge, Gilles est pour sa part un enfant intranquille. La violence du père, menace sourde dont tout le monde cherche à se prémunir, fait planer sur lui une peur que rien n'éteint, sauf cette rêverie obsédante et culpabilisante où Gilles imagine l'enterrement de ce père tyrannique.
L'adolescence offre à Claire l'occasion de se mettre à distance du huis-clos familial. Bonne élève, la voici pensionnaire, puis étudiante, et enfin enseignante à Paris. Gilles ne suit pas ce chemin d'excellence. On le dit lent à l'école, et quels que soient ses souhaits personnels, il est le fils: celui qui doit reprendre la ferme. Même si sa relation avec le père est si tendue qu'ils ne se parlent pas, ne se regardent pas, chacun emmuré dans une colère froide et solitaire. "Le travail de la ferme, sa routine, les tient et les écrase". Un destin implacable, que rien ne vient adoucir.
Si elle continue à veiller sur les siens, rentrant régulièrement au village pour assister à une fête ou aider ses parents qui vieillissent, Claire ne parvient pas vraiment à colmater la distance installée entre son frère et elle. Elle s'efforce pourtant d'accrocher son regard, de le tenir debout. "Son frère se noie et il est encore là, encore vivant, il tient, il fait, il demeure dans le cours des choses et des jours; elle ne sait pas pourquoi, elle ne sait pas comment. Elle espère pour lui des moments moins âpres, des accalmies, de furtives douceurs, des bouffées de joie. Elle avance à tâtons aux lisières de la vie de son frère, elle se tient là, comme en vigie". Souvent, elle lui suggère: "Si un jour tu veux arrêter tout ça, tu peux compter sur moi" – mais Gilles tellement abîmé, tellement enfermé dans sa rage, l'entend-il seulement?
Hors champ est un roman poignant, dix tableaux de la vie d'une famille sans cesse au bord du gouffre (affectif, moral, financier) et d'un monde rural coincé entre mutations subies et peur de l'engloutissement pur et simple. Marie-Hélène Lafon raconte avec pudeur et sobriété les chemins du frère et de la sœur, à la fois entrelacés et irrémédiablement distincts. Sa langue précise et mesurée n'est jamais sèche; elle fait éprouver avec force et vigueur l'âpreté de la vie de Gilles, l'amour que lui porte Claire, la tristesse infinie de leur histoire.
Et pour autant, elle sait aussi ménager des moments de douceur, attentive à la beauté du monde et à la consolation qu'apporte la nature. "Elle ne se lasse pas de ces soirs glorieux du début de juillet où l'on pourrait ne pas savoir que l'été finira. Les roses déferlent sur la façade, un couple de pies pérore sous le noisetier et le parfum du foin coupé dans le pré du voisin s'arrondit autour d'elle. Tout est à sa place en son royaume choisi".