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intime festival 26 format facebookDu 26 au 30 août, l'intime festival s'installera à Namur pour écrire son chapitre 14.

Depuis ce 1er juin, vous pouvez découvrir sa programmation ici.

Le Namur Concert Hall accueillera le spectacle d'ouverture, In the Brain, fougueux ballet de la Hofesh Shechter Company.

Tout au long du festival, on croisera des auteurs formidables, de grands comédiens, des artistes généreux.

Les Grandes Lectures nous feront (re)découvrir des textes puissants, comme Écarlate de Christine Pawlowska, le formidable Très brève théorie de l'enfer de Jérôme Ferrari (Actes Sud), Des idées d'incendie d'Angélique Villeneuve (à paraître à la rentrée littéraire chez Phébus), L'anniversaire du romancier italien Andrea Bajani, Prix Strega 2025 (Gallimard) et Baignade surveillée de la grande Laura Kasishke (Gallimard). 

Habibi Beyrouth

"Comme le Liban le fait avec moi. Il me malmène, m’échappe, s’effrite entre mes doigts, puis réapparait quand je me jure de cesser de l’aimer, me séduit de nouveau, se fait pardonner, et me cheville à lui."

L'avis de Maryse:

Amal, jeune libanaise naturalisée française, retourne au Liban après dix-sept ans d’absence. Dans ce pays où vivent encore ses parents, sa sœur et sa nièce, les identités se superposent ; les blessures des guerres et des drames successifs sont à vif. Pourtant, célébrer, se retrouver et faire la fête demeurent des gestes essentiels, presque une manière de survivre. Si, officiellement, Amal revient pour raisons administratives, il est clair qu’il s’agira surtout pour elle d’un voyage intérieur, une confrontation avec son passé, son identité et ses liens familiaux.

Avec Habibi Beyrouth, l’écrivaine franco-libanaise Manal Salamé nous offre un très beau premier roman sur la quête de soi, l’exil, la loyauté envers les siens. Elle esquisse avec subtilité le portrait d’un Liban complexe, en perpétuelle transformation, au cœur des tensions du Moyen-Orient. Le récit met en lumière une société traversée par les questions religieuses et identitaires, où modernité et conservatisme cohabitent dans un équilibre toujours fragile et explosif. Une société meurtrie mais debout, en proie à une multitude de contradictions, où le vivre-ensemble constitue toutefois la condition même de sa survie.

La tribu, 21 euros. Existe en format numérique Ici.btn commande

Le poilL'avis de Maryse:
 
Envie de rire? Nous avons un coup de coeur au poil à vous proposer!
 
C'est l'histoire de Carole Mezzanine, guide au musée de l'Escalator, dont le plaisir ultime est d'aller, tous les dimanches, se faire un bon resto italien.
 
Seulement ce jour-là, horreur, il y a un scandaleux cheveu dans le minestrone! À qui appartient ce poil infâme, et de quelle région du corps s'est-il détaché?!?
 
L'enquête promet d'être trépidante, et surtout bien poilante!
 
De 4 à 104 ans.
 
La Martinière Jeunesse, 13.90 eurosbtn commande
 
 

 

Avant que le grand vent ne m'emporte, j'avais longtemps pensé que nous n'avions à répondre que de nos actes, non de ceux des autres, et encore moins de l'état du monde que nous n'avons pas choisi et ne pouvons pas changer. Je sais que je me trompais: nous devons répondre aussi de l'état de ce monde, même si nous ne l'avons pas choisi et ne pouvons le changer, parce que nous acceptons d'y vivre et lui donnons ainsi, à chaque battement de nos cœurs las, notre assentiment.

 

tres breve theorie de lenfer ferrariL'avis d'Anouk:

Avec ses Contes de l’indigène et du voyageur, un cycle initié par Nord Sentinelle et qui se poursuit dans cette Très brève théorie de l’enfer, Jérôme Ferrari cherche à dire toutes les façons d’être un étranger.

Si Nord Sentinelle dépliait ce questionnement avec une ironie cinglante et un portrait souvent très drôle des dérives touristiques de notre époque et de la laideur qui les accompagne, le ton est tout autre dans ce second volet, empreint d’une gravité désenchantée.

Très brève théorie de l’enfer raconte, dans l’espace d’une planète mondialisée où l’on peut enjamber continents et océans en quelques heures, comment se côtoient des univers étanches, inaccessibles les uns aux autres, "clos comme des cercles de feu". Être étranger, ici, concerne certes notre rapport aux autres – le touriste, le colon, l’émigré, l’expatrié déclinent tout un nuancier des formes contemporaines de l’altérité. Mais la question est surtout celle de l’étrangeté à soi-même, ce soi auquel le narrateur tente d’échapper dans une fuite vouée à l’échec et porteuse de tragédie: "en échouant à devenir quelqu’un d’autre, j’avais quand même réussi à n’être plus rien".

Le narrateur a quitté sa Cose natale écœuré par son nationalisme et son étroitesse d’esprit. Il espère trouver aileurs "une nouvelle manière d'être un homme parmi toutes celles que connaissent les hommes." Professeur de philosophie dans des lycées internationaux, il s'installe pour quelques années à Alger. Il y rencontre Nardjess, se convertit à l’islam pour l’épouser, y voit naître leur petite fille.

Puis le vent qui l’avait poussé à quitter la Corse se remet à souffler, et il décide de prendre un nouveau poste à Abu Dhabi. La famille s’installe dans cette ville artificielle, mirage de l’hypercapitalisme arraché aux sables du désert par des armées de travailleurs misérables. Dans l’espace clos de leur luxueux appartement d’expatriés, le narrateur et les siens font place à Kaveesha, la bonne sri-lankaise engagée pour s’occuper de l’enfant. Son exil à elle est subi, poignant par sa banale violence: Kaveesha était à peine sortie de l’adolescence quand sa famille l’a envoyée au loin, s’assurant ainsi une source confortable de revenus. La bonté et les attentions de Kaveesha envers ses patrons ne les sauvent pas du naufrage annoncé. Perte des repères, solitude abyssale, incommunicabilité: le couple s'étiole sous les yeux tristes d'une enfant prise en otage dans la débâcle des adultes.

Le récit de cette Très brève théorie de l'enfer, à la construction tout à la fois limpide et sophistiquée, alterne l'histoire du narrateur et des siens et celle de Kaveesha. Autour de ces axes principaux s'entrelacent d'autres destins de voyageurs, dont les quêtes d'ailleurs sont elles aussi vouées à l'échec, à la déception ou à la folie. Tout ici, l'intime et le collectif, se marque du sceau de la faillite. Comme si l'humanité n'en aurait jamais fini d'expier une faute qui hante chacun des romans de Jérôme Ferrari, du Sermon sur la chute de Rome au Principe, de Où j'ai laissé mon âme à À son image.

Texte sombre et désespéré, marqué par une forme d'effroi, le roman emporte pourtant par la beauté étincelante de la langue de Jérôme Ferrari. La phrase est ample, elle se joue des temporalités et tient ensemble mille et une nuances. Un éblouissement qui rend plus essentielle encore la lecture de ce livre de haute densité.

 

Actes Sud, 16.50 eurosbtn commande

chre historienneL'avis d'Adrien : 

Après "L'été des Bagnold" et "Courtes distances", Joff Winterhart poursuit son autopsie malicieuse des rapports humains au sein de duo que, au départ, tout oppose.

Margaret, historienne académique, vit seule depuis le décès de sa sœur avec qui elle cohabitait. Spécialiste de JW Preece, un médecin, embaumeur et poète du XVIIè siècle, elle fait la connaissance, lors d’un colloque, de Lucy, assistante de production d’une série télévisuelle de documentaires historiques à succès. Lucy est tombée sous le charme du bagout désuet mais convaincant de Margaret et va tenter de la débaucher pour une de ses émissions. L'historienne accepte la proposition mais est pourtant quelque peu réfractaire à l’idée de participer à ce type de programme, d’autant plus quand elle rencontre l’animateur star de l’émission, un très embarrassant cabotin.chre historienne bis

Margaret est un être solitaire qui ne se sent plus en phase avec l’époque, si tant est qu’elle se soit jamais sentie en phase avec son époque, mais elle sait apprécier le partage de moments simples en bonne compagnie.
De son côté, Lucy vient de rompre brutalement ses fiançailles, flirte avec l’alcool, éprouve des difficultés à remettre de l’ordre dans sa vie et cela se ressent dans sa vie professionnelle. Les deux femmes, par leurs échanges, par leur situation au moment de leur rencontre, vont tisser un lien d’amitié fort qui va les aider à apprivoiser leur nouvelle situation.

On n’est pas dans la ligne claire et au premier regard, le trait de Joff Winterhart paraît incertain, ses personnages peuvent sembler peu avenants et, il faut bien le dire, tristes. Et pourtant, ses dessins sont aussi fins que les échanges humains qu’il met en scène et l’humour y est bel et bien présent. C’est une bd revigorante, vivifiante, apaisée que nous offre Winterhart.

L’auteur a fait de nombreuses recherches pour rédiger son ouvrage mais plutôt qu’une bibliographie en bonne et due forme, il a préféré livrer à ses lecteur.ice.s, en fin d’ouvrage, une chouette playlist, douce et mélancolique que nous vous recommandons chaleureusement.
Une bonne tisane, un fauteuil douillet, la musique dans les oreilles, « Chère historienne » entre les mains et c’est parti, bon voyage !

Editions çà et là, traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Martin Richet, 26 €btn commande