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L'avis d'Anouk:
C'est un roman à la fois modeste et brillant. Modeste par son apparente simplicité, par son héroïne surtout, cette Tess Lohan qui mène une vie sans éclat, sans passion, sans beaucoup de joie. Brillant par l'habileté romanesque de Mary Costello, qui réussit dès les premières pages de "Academy Street" (bouleversantes) à happer son lecteur et à insuffler la beauté dans ce destin de femme.
Dans l'Irlande rurale des années 40, une jeune mère meurt de la tuberculose. Tess, la plus jeune de ses six enfants, a sept ans à peine. On ne lui explique rien, les enfants ne peuvent pas comprendre ces choses-là. Tess reste donc seule avec cette peine privée de mots. Cette expérience d'arrachement et de profonde solitude déterminera toute une vie, mise dès l'enfance comme en retrait du monde.
Tess grandit, gagne Dublin, prend son envol et son indépendance en rejoignant sa sœur aînée aux Etats-Unis. Devenue infirmière dans un hôpital new-yorkais, elle tombe amoureuse, a un fils qu'elle élèvera seule, une voisine qui lui prouve qu'il n'est pas si compliqué d'être heureux, une existence sans grand relief. L'humilité de Tess, sa résignation apparente à accepter la solitude, les deuils successifs, la monotonie du quotidien pourraient faire d'elle un personnage terne. C'est tout le contraire: le talent de Mary Costello à peindre l'intériorité de cette femme blessée, ses émotions les plus subtiles, les infimes sursauts de son âme, font de Tess une héroïne inoubliable, quelque part entre la Félicité d'Un coeur simple de Flaubert ou la Marie-Louise de En lisant Tourgueniev de William Trevor.
Un premier roman d'une infinie délicatesse, couronné en Irlande de prix prestigieux et salué notamment par J. M. Coetzee.
Traduit de l'anglais (Irlande) par Madeleine Nasalik, Le Seuil, 18.50 €
Existe aussi en format numérique : cliquez ici pour rejoindre Librel
L'avis de Patrick:
Voici l'ours tel que vous ne l'avez jamais... lu: dans ce roman absurde et hilarant, William Kotzwinkle nous dresse le portrait d'un ours se rêvant écrivain à succès. Il part se faire éditer à New York avec sous les pattes un manuscrit fourbement volé à un professeur d'université dépressif.
Justice sera-t-elle rendue à l'homme? L'animal retournera-t-il à son animalité?
Dévorez ce livre et vous saurez!
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Nathalie Bru, Cambourakis, 22 €
L'avis d'Anouk :
Comme toujours avec les romans du Danois Jens Christian Grøndahl, on ne dit rien des Complémentaires si l'on en résume la mince intrigue. Prenez un couple bourgeois qui arrive à la cinquantaine, leur fille vidéaste et l'histoire d'amour qui lie celle-ci à un jeune Pakistanais ; regardez-les évoluer pendant quelques journées décisives, celles qui précèdent l'inauguration de la première exposition de la jeune artiste. Ce qui fait le prix et la grâce des Complémentaires et des autres livres de leur auteur, c'est la finesse de ses analyses psychologiques, la façon subtile dont il fait remonter le passé oublié sous la vie ordinaire. Jens Christian Grøndahl est un Stefan Zweig d'aujourd'hui.
Traduit du danois par Alain Gnaedig, Gallimard, Folio, 7 €
Existe aussi en grand format (Gallimard, 18.90 €)