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ma babysitteuse bunelL'avis de Régis:

Alice Bunel signe un premier album à L’Ecole de Loisirs et c’est notre révélation du moment !

À mi-chemin entre la BD et l’album narratif plus classique, elle impose un style, un ton, une patte qu’on ne risque pas d’oublier.

En cinq chapitres rondement menés, vous allez adorer les aventures de la poulette Jacquotte et de sa « baby-sitteuse préférée », la gouailleuse Sheila, une grande pouliche qui dégaine son téléphone plus vite que son ombre et qui a le verbe haut.

Une animalerie vient d’ouvrir à deux pas de l’école de Jacquotte et propose à la vente des PP. Depuis quelques semaines, la mode, c’était les PP, des petites personnes hautes comme des crayons de couleur.

Elles sont trop mignonnes, trop comiques, trop choux mais… sont-elles vraiment heureuses ? Jacquotte a l’intuition immédiate que quelque chose cloche dans ce commerce des PP.

La vraie grande aventure de cette histoire commencera quand Venise débarque dans leur vie…

Un album ovni, plein de couleurs flashy et de rires débridés, qui a la finesse et l’intelligence de déclencher mille questions chez nos petits lecteurs : faut-il être « à la mode » pour se faire accepter par certains à l’école ? a-t-on le droit de maintenir en captivité des êtres humains ? ces petits êtres ont-ils raison de prendre leur destin en main ?

« Ma baby-sitteuse et les petites personnes » est résolument politique et joyeusement réfractaire. Un vrai traité d’insoumission à glisser entre toutes les petites mains !

L'École des Loisirs, 13.50 eurosbtn commande

un peu beaucoup tallecL'avis de Clémence:

« Un peu BEAUCOUP » et au lecteur d'ajouter « Passionnément !». C'est en effet l'adjectif qui surgit lorsque l'on découvre les premières pages du nouvel album d'Olivier Tallec et cela résonne plus globalement avec son univers d'artiste : on le dévore avec ferveur et sans modération !

Tiens tiens, cela nous fait penser à quelqu'un... Un petit personnage que nous avions eu le bonheur de découvrir dans « C'est mon arbre » et qui croque la vie à pleines dents, sans retenue! Et oui, c'est NOTRE écureuil qui engloutit avec ivresse les pommes de pin de SON arbre, et les aiguilles, et les branches, et les racines de SON arbre. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Pourtant, il le sait, un arbre c'est fragile et il faut en prendre soin. Mais le pouvoir de la consommation et de la convoitise est plus grand et plus excitant que la raison. Il y a tellement d'expériences à explorer, de choses à grignoter, ronger, tester qu'il ne sait plus où donner de la tête et qu'il en devient fou au point de tout ingurgiter en une seule bouchée !

Voilà comment Olivier Tallec nous confronte, en filigrane, au reflet de la société: individualiste, en quête du « toujours plus et plus vite », sans vision à long terme. Une société de surconsommation qui brûle ses ressources pour érigé l'ego et satisfaire sa petite personne au détriment des autres.

Serait-ce une mise en garde sur notre écosystème qui se perd chaque jour un peu plus face à la bêtise humaine ? Olivier Tallec nous parle de résilience et de parcimonie, de respect des éléments et d'altruisme, de partage, à travers un humour acerbe et cocasse et des illustrations colorées et puissantes. Ne nous mentons pas, nous nous reconnaissons tous un peu dans le comportement de ce petit rongeur. Olivier Tallec nous invite à ralentir et à réfléchir à chaque petit geste du quotidien, à contempler notre environnement et à en prendre soin mais surtout à transmettre à nos enfants la patience, l'équilibre et à préserver la beauté de ce qui nous entoure.

 Pastel - L'École des Loisirs, 12.50 eurosbtn commande

Retrouvez le dossier consacré à Olivier Tallec ici.

toi et moi jeffersL'avis de Régis:

C’est un vrai livre d’amour que cet album-là. D’amour fou, joyeux et sans limite, celui qui unit un père à sa fille. «Nous avons tellement d’amour à partager, alors n’oublions pas d’en mettre de côté».

En quelques situations bien réelles ou complètement loufoques, Olivier Jeffers dit parfaitement ce qui se joue dans cette relation. Il y a bien sûr ce besoin éternel de transmettre, d’expliquer, de projeter. Mais il y a aussi et surtout l’envie de prendre du bon temps, de s’extasier, de prendre soin de chaque petit moment. Tout n’est pas grandiose dans une vie et rien n’est figé, nos perceptions changent et changeront. Après avoir construit un fort ou un bateau invincible, une grande maison puis une modeste cabane, l’album se termine d’ailleurs par une nuit sous les étoiles pour une fille et son père. N’est-ce pas finalement le plus beau des projets de vie?

Le travail graphique d’Oliver Jeffers n’est plus à présenter. On reconnait sa patte au premier coup d’œil. Pourtant, on ne peut que s’extasier devant cette avalanche de couleurs, ses ambiances si particulières, cette douceur. Une simplicité apparente qui ferait presqu’oublier l’immense travail que représente chaque visage, chaque paysage, chaque détail. Une pure merveille !


Notez qu'il y a deux ans, le même éditeur publiait un autre album du même auteur: «Nous sommes là, notes concernant la vie sur la planète terre». On ne vous en dit pas plus, venez le découvrir chez nous!

Nous avons préparé un petit dossier pour vous présenter l’œuvre d’Oliver Jeffers: c’est par ici!

Kaléidoscope, traduit de l'anglais par Rosalind Elland-Goldsmith, 15 eurosbtn commande