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playlist-deluxeL'avis d'Adrien:

On savait déjà l'amour de Charles Berbérian pour la musique, «Trénet illustré» (Albin Michel), «La Française Pop» (Hélium), «Jukebox» (Fluide glacial) ou encore sa propre expérience discographique signée avec un autre bédéaste Jean-C. Denis, mais on en apprend plus encore sur le demi-père de Monsieur Jean avec ce recueil de chroniques. Et cela va bien au-delà de la musique.

Déjà édité en 2004, ce «Playlist» est ici, en édition Deluxe, doublé d'anecdotes et de réflexions tous azimuts.

Tel un journal intime sans chronologie, Charles Berbérian, non content de nous dévoiler ses coups de cœur musicaux, que ce soit à l’aide de dessins épars ou de pochettes de compilations minidisc, son amour et sa pratique de la guitare, ses étés chez son grand-père en Jordanie, nous retrace en quelques pages la vie d’artistes, l’histoire de mouvements et d’événements. Ici une bio de Dean Martin, là sa non-rencontre drolatique avec Keith Richards, là encore l’épopée du label Saravah et de son fondateur Pierre Barouh.

Même en ne partageant pas tous les goûts de Berbérian, on est charmé et bluffé par la profusion d’anecdotes en tout genre, par les magnifiques portraits à main levée ou travaillés, par l’impressionnante galerie d’artistes réunis là. Touchant, drôle, poétique, cette Playlist Deluxe dessine en kaléidoscope la vie d’un homme humble, généreux, à l’enthousiasme éclectique.

Hélium, 25.90 €btn commande

 

cookie comme une version artyL'avis d'Adrien :

«  Je ne suis pas délurée. Je passe mon temps à me prendre les pieds dans des situations qui m'obligent à l'être, c'est tout.  » C'est ainsi que se définissait Cookie Mueller et cela semble assez juste à la lecture de ces chroniques où l'on suit ses péripéties sex, drugs & rock'n'roll. cookie traverse en eau claire
Elle fut hippie à Haight-Ashbury, haut lieu de divers faits d'armes à San Francisco, égérie de John Waters dans les années 1970, chroniqueuse santé pour le East Village Eye, critique d'art pour Details, strip-teaseuse à New York et Newark, mère de famille, junkie invétérée et je pense qu'on peut le dire à lecture de ces excellents recueils, trash, drôles, et très humains, une grande autrice !
Seul le ciel ne lui est pas tombé sur la tête (et encore !) mais elle fonce dans tout ce qu'elle entreprend, le dépeint avec du recul et une distance savoureuse, burlesque et plutôt lumineuse.
"Traversée en eau claire dans une piscine peinte en noir", en poche aux éditions 10/18, est paru initialement aux éditions Finitude qui viennent de sortir le second recueil "Comme une version arty de la réunion de couture". Avec en prime, une super traduction de Romaric Vinet-Kammerer, on en redemande  !

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Traversée..., 10/18, traduction de l'anglais (Etats-Unis) par Romaric Vinet-Kammerer, 7.65 €

 

Comme une version..., Finitude, même traducteur, 17.50 €

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ames sauvages - martinL'avis d'Anouk:

Avec Les âmes sauvages, Nastassja Martin nous entrouvre les portes des Gwich’in et déplie les façons de «faire monde» de ce peuple d’Alaska.

Sous l’effet conjugué de la crise écologique, de l’exploitation à outrance de leurs territoires pour le pétrole ou le tourisme et de la catastrophe humaine qui accompagne ces mutations, l’univers culturel traditionnel des Gwich’in est comme sorti de ses gonds.

Au travers d’un récit puissant, sans nous épargner ses doutes et ses questionnements, Nastassja Martin raconte et décrypte cet effondrement, mais aussi les stratégies mises en place par les Gwich’in pour garder un dialogue avec le monde non-humain, celui des esprits et des animaux, qui malgré tant et tant de révolutions continue de se mouvoir à la lisière de leurs existences.

C'est absolument passionnant: Les âmes sauvages deviendra assurément un classique de la littérature anthropologique.

 

La Découverte, 24.95 €btn commande

troisieme ile - sjobergL'avis d'Anouk:

Voici à n'en pas douter l'un des livres les plus singuliers et les plus attachants que l'on puisse trouver.

Son auteur est un biologiste suédois, spécialiste de la mouche syrphe. Son personnage, un compatriote, lui aussi entomologiste : Gustav Eisen (1847-1940), qui outre sa passion pour les vers de terre, dont il fut de son vivant le plus grand spécialiste au monde, était aussi ami de Strindberg, conservateur de musée, archéologue, viticulteur, créateur du Parc National de Sequoia de la Sierra Nevada, aquarelliste, infatigable curieux de « l'énigme de la vie ». D'Eisen, Sjöberg dit qu'il est comme « un puzzle composé d'un trop grand nombre de morceaux ».

Si l'on m'avait prédit qu'un jour la lecture d'un livre écrit par un spécialiste des mouches sur un spécialiste des vers de terre m'enchanterait, j'aurais souri. Et pourtant, la rencontre de Sjöberg et d'Eisen nous régale d'un livre absolument incomparable, une merveille d'intelligence vagabonde. Collectionneur d'insectes, Fredrik Sjöberg a aussi le don d'épingler, avec patience et précision, des scènes délicieusement cocasses tirées de la biographie de Gustav Eisen autant que de sa propre vie. Et le lecteur de lui emboîter le pas avec bonheur, et bonne humeur.

José Corti, Biophilia, 20 €

de pierre et dos - cournutL'avis d'Anouk:

C’est un livre doux et puissant. Il se tient avec grâce sur un fil fragile, quelque part entre le conte, le récit ethnographique et la poésie. Avec « De pierre et d’os », Bérengère Cournut confirme la singularité de son chemin d’écriture.

Nous suivons avec elle les traces d’Uqsuralik, jeune femme inuit qui par son nom est «l’animal blanc», tout à la fois Ours et Hermine, force et harmonie, masculin et féminin. Dans un monde lui aussi mouvant, où l’eau, la terre et le ciel ne cessent de se mêler en des configurations toujours nouvelles, où les âmes glissent entre les corps et déjouent les générations, Uqsuralik et son peuple évoluent au gré des saisons. La vie est âpre, la mort jamais bien loin, et les tâches du quotidien sont transcendées par leur inscription dans une riche cosmogonie. À la chasse ou au campement, dans la façon de s’habiller ou d’habiter, chaque geste fait sens dans le grand livre de l’univers. L’homme y tient sa place parmi les animaux, les esprits, les paysages.

Après Née contente à Oraibi, où elle nous initiait à la culture des Indiens Hopis, Bérengère Cournut poursuit sa quête d’autres façons de « faire monde ». Son écriture dépouillée, les respirations poétiques qui ponctuent le récit et la sagesse dont chaque page est empreinte font de De pierre et d’os un roman envoûtant, profondément humaniste. Uqsuralik est une héroïne que vous n’oublierez pas!


Le Tripode, 19 €btn commande