« Béton, baston et fiente dans ta frange, c’était ça Muircross. »
Comme décor, une cité post-industrielle délabrée de la banlieue de Glasgow, en 1994. Cora Mowat, la narratrice, a quatorze ans et elle décrit l’endroit comme un trou paumé rempli de béton, de mouettes géantes et de personnages fantasques. Y grandir, entre chômage, précarité et violence sociale, n’a rien de prometteur. Et Cora, à part peut-être sa mère, personne ne la comprend vraiment. Elle a de pressantes envies d’ailleurs, d’amour et d’amitié, qu’elle ne parvient que difficilement à exprimer.
Avec ce premier roman, l’écrivain écossais Tom Newlands m’a bluffée. Car, avec un ton tranchant, il explore avec une empathie débordante la pauvreté et la violence sociale qui l’accompagne, mais surtout les tourments intimes d’une adolescente atypique au cœur des années 1990. Cora est un personnage touchant, qui porte sur le monde qui l’entoure un regard aussi acéré et critique qu’il est empreint d’humour. Elle puise sa force dans sa fragilité, et sa sensibilité à fleur de peau lui confère, presque malgré elle, une grande clairvoyance. Profondément social et ancré dans une époque, ce roman parle avant tout des liens d’amour filial et d’amitié qui constituent pour la jeune fille le seul véritable filet de sécurité.
Un tout grand coup de cœur !

