Dans les romans de Paul Auster, New York n’est pas seulement un décor mais une façon d’appréhender le monde, entre nostalgie et ironie.
C’est donc tout naturellement dans cette capitale des visages que s’ancre l’histoire de Sy Baumgartner, qui donne son nom au dernier roman de Paul Auster. Professeur de philosophie, veuf depuis dix ans de celle qui a été l’amour de sa vie, cette Anna Blume qui tend un pont vers l’un des premiers grands romans austériens, Le pays des choses dernières, Baumgartner est un double évident de son auteur et porte les questions d’un homme arrivé au crépuscule de sa vie.
Un roman comme un dernier regard sur ce qui fait l’épaisseur d’une vie – les idéaux de la jeunesse, les rencontres, les chemins qui bifurquent. Baumgartner restera le testament que nous lègue Paul Auster. Un livre obsédé par la mort et pourtant plein de vie, d’amour, de grâce. Un point final vibrant à une œuvre décidément remarquable.
Actes Sud, traduit de l'anglais (États-Unis) par Anne-Laure Tissut, 21.80 euros
