librairie
point virgule

Rue Lelièvre, 1 B-5000 Namur | Tél. : +32 (0)81 22 79 37 | info@librairiepointvirgule.be | Du lundi au samedi de 9h30 à 18h30

Lectures
Le champ de bataille - Jérôme Colin

champ de bataille - colinL'avis d'Adrien:

Trois ans après son premier roman, "Eviter les péages", Jérôme Colin nous revient avec ce qui pourrait bien en être une suite. Après nous avoir narré les turpitudes de la crise de la quarantaine d'un jeune père, nous suivons un père éprouvé par la crise d'adolescence de son fils.

Jérôme Colin nous donne à voir un père dépassé par les événements familiaux et rattrapé par l'actualité internationale. Son couple semble englué dans la routine, sa fille est toujours dans l'insouciance de l'enfance mais pour combien de temps encore, et son fils, quant à lui, est en perpétuelle opposition. Ce dernier, odieux avec toute la famille, retranché en permanence dans sa chambre, un chaos sans nom,  communiquant en onomatopées injurieuses, revient tous les jours avec un journal de classe de plus en plus saturé de notes de discipline.

Avec beaucoup d'humour, de tendresse et de lucidité, Jérôme Colin transforme brillamment l'essai du premier roman.

Éditions Allary, 20,40 €btn commande

 
Le pouvoir - Naomi Alderman

le pouvoir L'avis d'Edith:

Avec « La servante écarlate », Margaret Atwood proposait une dystopie où les femmes sont majoritairement reléguées au rôle de domestiques et cantonnées dans leur fonction reproductrice.

Avec « Le pouvoir », Naomi Alderman propose l'inverse. Un début d'utopie: un beau jour, les adolescentes de 15 ans découvrent une à une qu'elles peuvent maitriser un étrange pouvoir électrique. Peu à peu, toutes les femmes découvrent ce pouvoir en elles et se retrouvent capables de se défendre – et d'attaquer – avec une force qu'elles n'avaient jusque là jamais eue, renversant peu à peu les rapports de force entre les sexes. Mais au fil des pages, le roman devient dystopie. Des femmes, grisées par ce nouveau pouvoir physique et l'accès au pouvoir qu'il permet, en viennent à commettre les mêmes crimes autrefois perpétrés par des hommes.

Ce qui est au début intéressant (un artefact féminin qui rétablit l'équilibre), voire carrément excitant (un super pouvoir!), s'avère vite dérangeant. Ce qui s'annonçait comme un jouissif roman rétablissant l'égalité entre les sexes et l'avènement d'une société meilleure devient un exercice de visualisation, enrichissant mais perturbant. L'auteure décline effectivement des situations brutales actuelles de domination en inversant les rôles: les hommes sont dominés, les femmes sont dominantes. Au final, une réflexion colorée sur le pouvoir dont lectrices et lecteurs ne ressortiront pas indifférents.

Calmann Levy, traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Christine Barbaste, 24,55€ btn commande

 

 
Le chagrin d'aimer - Geneviève Brisac

chagrin aimer - brisacL'avis de Régis:

La figure de la mère est un personnage récurrent dans les romans de Geneviève Brisac, souvent incarnée par des femmes à l’amour maladroit, des écorchées, des iconoclastes, des rebelles. Mais ici, point de fiction. L’auteure prend le risque inouï de percer le mystère de sa propre mère, cette femme distante mal-aimante, taiseuse. S’emparer d’une absence cruelle de transmission pour tenter de dire, au plus juste, au plus près, quelle a été la vie de cette femme. « On écrit pour comprendre ce que l’on ne comprend pas ».

Page après page, en courts textes, Geneviève Brisac s’empare de cette relation si particulière qu’elle entretenait avec sa mère. Son écriture est précise, vive, nerveuse. Sans aucune concession. Certaines pages ne cachent rien de l’exaspération, de la colère, de l’incompréhension. Des rires jaillissent aussi, inattendus, tant la personnalité maternelle est décalée, inhabituelle, hors-format… L’auteure poursuit alors une enquête minutieuse et retisse, fil à fil, une histoire familiale multipliant les allers-retours entre Athènes, Constantinople, Anvers ou Paris. Des vies démesurées, peuplées de récits, orientaux et mythologiques. Des grands-parents exilés et cosmopolites, rêveurs et idéalistes. Fameuse tribu pourtant disparue, noyée dans le silence de celle qui ne voulait pas croire et partager leurs espoirs. Celle qui en a décidé autrement.

Véritable tragicomique invariablement cachée dans la fumée de ses cigarettes, auteure de feuilletons pour la radio et la télévision, anti-mondaine, anti-flics, anti-femmes, anti-mômes, anti-cons, le personnage est tout à la fois monstrueux et profondément désarmant.

Par une forme extrêmement maîtrisée, moderne, proche d’une installation artistique, Geneviève Brisac peut enfin prétendre à sa place de fille aînée. Elle offre à sa mère la douceur, la lumière et l’amour tant recherchés.

Geneviève Brisac sera à la librairie le vendredi 2 mars 2018 pour présenter "Le chagrin d'aimer".

 

Grasset, à paraître le 28 février 2018, 18.25 €btn commande

 

 
<< Début < Précédent 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Suivant > Fin >>

Page 3 sur 59